En tant que spectateurs, vous aimez un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout nos spectacles? Donnez-nous votre avis.
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© Kokolo
de Jean-Marie Piemme
Mise en scène de Nzey Van Musala. Dans le cadre de YAMBI.
Du 9 au 22 novembre 2007. Du mardi au samedi à 20h. Petite salle. 
Avec: Jean-Marie Ngaki Kosi, Jean Shaka Tshipampa, Jean Goubald Kalala.
« La description des états ne m’intéresse pas. Les états arrêtent les choses, ils définissent des essences, des valeurs d’éternité là où la vie tourbillonne. Je suis dans le mouvement de ce que je regarde, moi-même un moment de ce qui passe, moi-même en mouvement. »
Jean-Marie Piemme.
Dans le pressing géré par Momo, arrive Ferdinand, qui a tôt fait de lui offrir son amitié et ses services en échange d’une cuisse de poulet. Aidé à bon marché dans son travail, Momo se sent pousser des ailes de patron, tandis que Ferdinand, apprenant jour après jour le métier, lorgne sur le poste de gérant qu’il est prêt à conquérir à moindre salaire. Les deux hommes vont s’affronter et user à qui mieux-mieux de roublardise pour préserver les morceaux de leurs vies rapiécées.
Certains se souviendront sans doute de la pièce de Jean-Marie Piemme mise en scène par Philippe Sireuil dans laquelle Pietro Pizzuti et Alexandre Von Sivers, - l’un interprétant Momo, l’émigré du sud, et l’autre Ferdinand, l’immigré russe sans travail ni domicile fixes - , se livraient à une joute verbale dans une wasserette.
La version congolaise de la pièce, avec le contrepoint musical de Jean Goubald Kalala, présent sur scène, et l’interprétation jubilatoire de deux des plus talentueux comédiens kinois, est une critique sociale et politique acerbe du Congo d’aujourd’hui. Le corps à corps aux relents de tauromachie auquel se livre les deux personnages, découvre une société réduite à son expression la plus démunie, privée même de ses droits les plus élémentaires. Quand le social est en panne, le politique est loin d’être le meilleur. Et dans un pays, mais surtout dans une ville, où les problèmes sociaux, devenus cruellement endémiques, acculent à des expédients et à l’usage intensif de l’article 15 (la débrouille), le texte de Jean-Marie Piemme est brûlant d’actualité. Sur les bords de la Meuse comme sur les rives du fleuve Congo, quand il s’agit de lutter pour la survie quotidienne, est-il d’autres choix que de prendre le taureau par les cornes ?
Le Théâtre Varia, Centre dramatique à Bruxelles est soutenu par la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Loterie Nationale.