de Pierre Corneille.
Mise en scène de Marcel Delval.
Du 10 au 28 mars 2009. Du mardi au samedi à 20h30. Les mercredis à 19h30. Grand Varia. 
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Avec: Rosario Amedeo, Luc Brumagne, Paul Camus, Pierre Dherte, Robert Guilmard, Othmane Moumen, Melissa Pire, Babetida Sadjo, Carole Weyers, Arieh Worthalter.
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Scénographie et costumes: Claude Renard.
Réalisation des costumes: Maylis Duvivier, Souad Kajjal, Isabelle Airaud. Assistées de Claire Jamin, Aydemir Muazzez.
Habilleuse: Souad Kajjal.
Accessoires: Colienne Vancraenenbroeck.
Réalisation masque: Laurent Couline.
Maquillage: Patricia Timmermans.
Lumières: Alain Prévôt.
Régie lumières: Eric Vanden Dunghen.
Réalisation et régie vidéo: Julien Loth.
Musique: Rosario Amedeo.
Régie son: Eric Ronsse, Amaury Baronnet.
Construction décor et régie plateau: Mohamadou Niane, Didier Rodot.
Maître d'armes: Michelangelo Marchese.
Travail du vers: Anne-Claire.
Assistanat à la mise en scène: Pierre Dherte.
Avec Didier Rodot et Mohamadou Niane dans le rôle des assassins.
Mise en scène: Marcel Delval.
Remerciements à: Josefa Corcoba, Hedwig Degaelen, Marianne Delvaux, Gillis, Laurence Hermant, Nalan Kosar, Serge Ledent, Billy Mertens, Nicole Moris, Catherine Piqueray, Françoise Van Thienen.
l’illusion comique: une pièce comme une pierre précieuse aux multiples facettes.
Corneille avec l’illusion comique, «cet étrange monstre» comme il l’appelait lui même, écrit peut être du théâtre baroque sans le savoir. Par opposition au théâtre classique, le théâtre baroque se soucie peu de vraisemblance et d’unité. Il parle de la mort, non comme d’une punition divine, ni comme d’une souffrance, mais plutôt comme d’une évidence. Il privilégie l’émotion et… particulièrement l’illusion, qui est utilisée un peu comme une pierre précieuse à multiples facettes. La première définition de l’académie française (1694) du mot «baroque» est d’ailleurs celle d’une perle aux rondeurs imparfaites, puis en 1762, est ajoutée celle figurée de quelque chose d’irrégulier, de bizarre, d’inégal…
«Le premier acte n’est qu’un prologue, les trois suivants font une comédie imparfaite, le dernier est une tragédie, et tout cela cousu ensemble fait une comédie», écrit corneille de sa pièce.
Et comme au théâtre, le baroque se traduit également par la mise en scène, le jeu, les costumes et le décor, il se pourrait bien que le spectacle le soit, un peu baroque, et pourquoi pas un peu rococo, ce style flamboyant qui suit de peu le baroque et qui répond à une aspiration à la légèreté et la frivolité? Ou qu il soit encore néo-classique, moderne ou contemporain, c’est à dire d un temps simultané au sujet.
Dans le fond, le public assiste au spectacle d’un père qui regarde son fils évoluer dans un milieu qui s’avère finalement être celui du théâtre et de la comédie, et tous, personnages et public, sont, à un moment ou à un autre, victimes de l’illusion.
Pridamant croit son fils mort. Matamore croit en ses propres mensonges, Géronte croit pouvoir convaincre sa fille, qui croit en l’amour de Clindor, qui, aventurier et opportuniste, croit en son pouvoir de séduction, etc. Les personnages sautent d’un sentiment à un autre. Ils se complaisent dans l’excès et le paroxysme, dans la pluralité et l’accumulation. Les multiples facettes de la pierre précieuse sont là, qui scintillent de tous leurs feux dans lesquels on voit briller des reflets bien humains: le désir collé à la peur, la tendresse reliée à l’amour, et la vérité aussi indissociable du mensonge que le réel ne l’est du rêve et la vie de la mort. Et la pièce, plus que de nous hypnotiser dans ses sortilèges, nous révèle à nous mêmes dans toute notre inconstance et notre fragilité.
L’illusion est aisée. Elle offre bien des possibles. Elle est aussi trompeuse. Mais la réalité l’est elle moins davantage?
Nous donnons bien souvent de divers noms aux choses:
Des épines pour moi, vous les nommez des roses.