Ce que dit la presse

  • LA GRÂCE DE DANSEURS EN APESANTEUR par Le Soir
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    Le chorégraphe belge livre une pièce tout en harmonie et en apesanteur sur la musique de Bach. Neuf danseurs noirs aux parcours très différents s'y déploient dans une chorégraphie abstraite. Une salle archi-comble lui a fait un triomphe en ouverture du festival liégeois.

     

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    LA DANSE TOUT SIMPLEMENT 

     

    Le chorégraphe, pour sa part, s'est offert un « spectacle de danse pure » avec sa nouvelle création, To the ones I love (A ceux que j'aime). Un titre direct et sincère, à l'image d'un créateur qui a toujours aimé séduire mais aussi prendre le risque de heurter lorsqu'il ressent l'urgence d'aborder tel ou tel thème.

    Avec cette pièce pour neuf danseurs noirs sur la musique de Bach, il prenait un nouveau risque : celui de juxtaposer artificiellement deux cultures et de foncer tête baissée dans les pires clichés. Dès les premières secondes, on pressent qu'il n'en sera rien.

    Loin de représenter une danse noire homogène, les neuf interprètes frappent par leur diversité : de taille, de style, de peau, de présence. Rien que par le choix de ses danseurs, Thierry Smits tord le cou à toute idée préconçue. Mais il va plus loin en créant une pièce où l'osmose entre danse et musique est totale, alors qu'on s'attendait à une friction, une confrontation entre les deux pôles.

    Ici, la danse est reine. Abstraite mais nourrie de l'individualité de chacun tout autant que du parcours du chorégraphe. Utilisant la physicalité des neuf interprètes sans jamais la mettre en avant, Thierry Smits s'appuie sur la musique de Bach sans jamais l'illustrer. Il y a dans cette pièce une lenteur majestueuse, des solos, duos, trios et mouvements d'ensemble (encore un peu fébriles) tantôt en apesanteur, tantôt purement ludiques. Il y a grâce infinie, une gestuelle déliée, un fascinant déploiement des corps apparaissant comme autant de signes en mouvement
    sur la page blanche du plateau. Tous les styles de danse s'y marient harmonieusement donnant l'impression que le classique, les arts martiaux, la capoeira, le contemporain, le baroque ne forment plus qu'un seul et même formidable mouvement.

    Il y a aussi une douceur émouvante dans ces corps musclés, tendus, puissants. Une tendresse même, qu'on avait rarement vue, et qui justifie pleinement ce titre en forme de déclaration : A ceux que j'aime.

     

    Jean-Marie Wynants, le29/01/10

     

    Pour consulter l'article complet de Jean-Marie Wynants, cliquez ici .

     

     

  • COHERENTS VAGABONDAGES par La Libre Belgique
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    “To the ones I love”, nouvelle pièce de Thierry Smits, s’offre à tous les publics. Métissages, Bach et danse pure.

     

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    (...) Optant, comme c’était le cas déjà dans "Soirée dansante" ou "D’Orient", pour la danse pure - sans dramaturgie périphérique -, il a réuni neuf danseurs d’origine africaine, ou plus précisément dont la carnation renvoie à l’Afrique, les met en scène et en mouvement sur la musique de Jean-Sébastien Bach, avec ce qu’elle compte de tubes, de générosité, de virtuosité, de spiritualité. Et de poids dans la culture occidentale. Comme, peut-être, une réponse au poids du métissage dans le monde en devenir, à son contrepoids, même, face aux sursauts identitaires ambiants. Pour autant, le propos du chorégraphe ne se veut pas politique ici. Le principe, précise-t-il, consiste à faire bouger des corps rompus aux techniques chorégraphiques "occidentales", mais néanmoins façonnés par d’autres traditions et d’autres danses.

     

    Thierry Smits cosigne avec Thomas Beni la scénographie de "To the ones I love", grand plateau blanc, panneau de fond de même, et blocs-bancs manipulés par les danseurs modulant ainsi l’espace. C’est de dos qu’on les découvre d’abord, sculptés par la lumière latérale, dans un premier mariage avec la partition. C’est en couleurs ensuite que se déclineront les codes d’une pièce au vocabulaire résolument abstrait, frisant parfois le classique tout en restant grande ouverte à la spontanéité.

     

    Un "uniforme" (le pantalon gris, identique pour tous) en vient à se distinguer par son complément, des tee-shirts unis aux formes diverses, mis et ôtés à vue, dans une succession de camaïeus qui, loin de tout folklore, affirment l’harmonie - et non l’unanimité - dans la diversité.

     

    La métaphore est simple, généreuse, évidente, à l’instar de la danse, dessinée dans l’ouverture, accessible, interprétée avec allant, énergie, belle sensualité par Fabio Aragão, Rudi Cole, Daudet Grazaï, Christian D. Guerematchi, Nestor Kouame, Alpha Sanneh, Dean lee Sefton, Iquail Shaheed et André M. Zachery.

     

    Autant de personnalités évoluant, à des lieues de l’univocité "noire", sur une scène jamais en repos. Si la danse s’appuie sur la musique, en aucun cas elle ne lui sert d’illustration ou de prétexte. Le rapport, ici, revient aux sources avec élégance et simplicité. Pour autant l’œuvre n’évite pas la confrontation. Maxime Bodson, complice de Thierry Smits, signe une recherche sonore, une sorte d’habillage des petites musiques de chambre, qui fait se rencontrer l’univers electro et celui de Bach. Sans heurt, en douceur. Avec, oserait-on dire, cet amour annoncé, qui préside à l’ensemble du spectacle.

     

    Marie Baudet, le 19/03/10.

     

     

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