Ce que dit la presse

  • Le sexe mode d'emploi par Guy Duplat
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    La Libre Belgique. Mis en ligne le 19/09/07

     

    Michèle Anne De Mey crée "Plug", chorégraphie sur l'accouplement sous toutes ses formes.
    Un jeu ludique, un mode d'emploi où tout s'emboîte.

     

    rencontre

     

    Après un temps de maturation, j'ai décidé de faire tout un spectacle sur le sexe et l'accouplement. Je voulais que toutes mes recherches chorégraphiques, dramaturgiques et sonores aillent dans cette seule direction. Car le sexe permet de parler de cette première énergie chorégraphique du corps et de créer des moteurs chorégraphiques, c'est-à-dire des règles et une méthode qui entraîne les danseurs".

    La co-directrice de Charleroi/Danses nous explique son cheminement avant ce spectacle fort attendu, créé jeudi prochain aux Ecuries à Charleroi. Sa première création depuis qu'elle a été nommée il y deux ans, pour succéder à Frédéric Flamand.

    Au printemps dernier, pour la Biennale, elle avait présenté de courtes pièces, "Fast Foot", comme un état des lieux sur ses recherches. Elle a totalement retravaillé ce matériau avec les danseurs de "Symphonia eroïca" qui a déjà été joué plus de 100 fois depuis sa reprise et qui continuera à tourner (plus de 70 représentations encore programmées et peut-être des tournées au Japon et en Amérique). Elle s'est entourée de complices : Simon Siegmann pour la scénographie et l'éclairage, le danseur Grégory Grosjean pour l'assister dans la création et Stéphane Olivier pour la dramaturgie. "J'ai pu ainsi créer dans le luxe, le confort et la nécessité".

    "Je voulais un travail avec des règles et des méthodologies et le sexe me donnait cette possibilité car il s'agit de corps et d'une infinité d'emboîtements possibles : le sexe seul, entre homme et femme, entre femmes, entre hommes, en groupe. Un vrai mode d'emploi sans jamais qu'il soit question de moralité, d'amour ou de couple, mais sans jamais non plus de vulgarité, de violence ou de provocation - il n'y a jamais de nu - et avec un ton ludique et léger. C'est une fresque qui se parcourt avec des modes d'emploi qui imitent les modes d'emploi des catalogues Ikea. Les corps s'emboîtent comme les meubles. On se laisse mener par une sensualité non violente et non pornographique".

     

    Les bonobos

     

    Serait-elle comme une éthologue observant les accouplements des bonobos ? Michèle Anne De Mey embraie. Elle a amené ses danseurs à Plackendael voir les bonobos : "Chez eux, la sexualité est un mode de communication qui permet de régler les conflits et d'apaiser le groupe. Le sexe, c'est tout le monde avec tout le monde sans souci de reproduction".

    En pratique, le spectacle c'est "4 femmes, 4 hommes, 8 chaises, une table et un plateau tournant". Elle a travaillé 32 thèmes avec les danseurs (la séduction, la masturbation, l'orgasme, les poses du Kama sutra, etc.) et a découpé le spectacle en 64 séquences de 71 secondes. Les danseurs passent d'une séquence à une autre, selon un ordre fixé de manière aléatoire, par un ordinateur. Les danseurs se rencontrent selon le hasard. "Leurs accouplements comme une fiche mâle avec une fiche femelle, comme le tenon et la mortaise, sont très explicites mais jamais vulgaires. Il n'y a aucune morale à mettre à cela". "Ces moteurs de recherches permettent de donner des lignes sans cesse mouvantes. La scénographie reprend ce principe avec un plateau tournant en permanence et qui permet de ne pas devoir gérer l'espace, mais de faire en sorte que toute l'énergie sorte des danseurs." La musique a été composée par Thomas Turine (et Thierry De Mey). Ils ont placé sur la bande-son des "audio-books", des voix qui donnent les modes d'emploi des emboîtements, qui lisent le Kama sutra ou des extraits de conférences. Et des sons qui à leur tour s'emboîtent.

     

    "Plug" sera joué trois fois à Charleroi avant de venir 3 semaines au Varia en décembre.

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