Ce que dit le public

  • Par Léon Stradinsky le 20-10-2009
  • Lettre ouverte à Catherine Makereel, Suite à lecture de votre critique de Mein Kampf (farce), du 17.10.09 dans Le Soir, je ne puis m’empêcher de réagir. Après un bref historique de l’auteur et de son œuvre vous commencez par enscencer les grands noms du théâtre Belge présents dans la pièce (Philippe Grand’Henry, Didier de Neck, Alexandre Trocki…). « Formidable », « magestueusement », « irrésistible »… Bien que ces comédiens soient loin d’être dénués de qualités, l’emploi ce vocabulaire pompeux à l’égard de personnalités déjà installées et largement reconnues dans le milieu, dénote un certain manque d’objectivité quant à leur prestation scènique. De même, la mise en scène par David Strosberg est pour vous d’une « audace respectueuse » que vous ne sauriez discutez. Cependant vous n’hésitez pas à qualifier de « lourde » la performance de la seule femme (Aline Mahaux) actuant sur le plateau. Outre le manque de respect pour la fragilité qui nous est offert ( la jeune femme se met littéralement à nue au milieu de ces « bêtes de scène »), je trouve que votre remarque manque de profondeur. Car vous assimilez ce qui est de l’ordre d’un parti pris dans la mise en scène au jeu de la comédienne. Or si les deux sont indissociables, le choix du premier détermine la qualité du second. Et comme vous le soulignez le spectacle change de tonalité à partir du troisième acte ( moment de l’apparition de cette jeune femme). A partir de cet instant le côté farcesque est mis en retrait pour laisser place à une atmosphère moins légère, plus grave, plus chargée en affects. C’est là à la limite, en cet endroit précis de la mise en scène qu’aurait pu être apposée le terme de lourdeur. Cette critique d’un choix artistique assumé collectivement aurait été plus pertinente et constructive que la simple dévalorisation d’un individu ; et vous auriez fait preuve de plus de tact à l’égard d’une comédienne qui, quoique vous en dites, reste pour moi très touchante dans la candeur et la fragilité qu’elle donne voir.
  • Par Rouxhet le 15-10-2009
  • La pièce est jouée comme une farce et entre deux éclats de rire, on a plutôt envie de refiler des baffes au futur führer que de l’empêcher de grandir. Les personnages sont conçus comme des archétypes : le Juif, la femme nue et magnifique (mais pourquoi finit-elle en secrétaire en uniforme militaire plutôt qu’en bonne aryenne reproductrice ?), la mort (bonne idée d’en avoir fait une sorte de transsexuel : il doit y en avoir pour tous les goûts). Les répliques de Schlomo sont longues et belles, trop longues parfois dans cette mise en scène qui pourrait être encore plus déjantée (pourquoi ne pas faire davantage intervenir le cuisinier et la poule ?). Je suis resté partagé entre élan farce et introspection horrifiée due à la gravité de ce qu’on sait aujourd’hui. Alors, Tabori ? Que veut-il montrer ? Le destin éternellement tragique du peuple juif (Schlomo raconte longuement le martyr de ses parents sous d’autres cieux) ? La naissance du nazisme et le rôle que les Juifs ont tenu? Ou peut-être que nous sommes tous le Juif d’un idéal bafoué, le Juif d’un ordonnateur social, le Juif de la mort, le Juif d’un autre?

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